De l'instinct maternel...
La première fois que je suis "tombée" enceinte, je fumais plus d'un paquet de cigarettes par jour et je faisais la fête 6 jours sur 7. Autant dire que j'étais tout sauf prête. ;-)
(D'ailleurs, peut-on réellement dire qu'un jour nous sommes prêtes à devenir mères ?)
Quand j'ai annoncé cette grossesse surprise à mon entourage, il y a eu beaucoup d'exclamations et quelques moqueries. "elle ? Mère ? Non mais je rêve ! Elle sera incapable de se lever pour lui donner le biberon." Cela créa une belle polémique chez mes anciens amis. A cette époque-là, la terre s'était divisée en deux clans (meuh nooon, je n'exagère pas !): ceux qui pensaient que je n'étais pas du tout "faîte pour" être mère et ceux qui me "voyaient bien" maman.
Heureusement pour ma progéniture, c'est ce deuxième groupe qui semble avoir eu raison. :-)
Aujourd'hui, je remercie vraiment la vie de m'avoir offert mes enfants parce qu'ils sont merveilleux mais aussi parce que la maternité m'a permise de me retrouver. D'ailleurs, ceux et celles qui me lisent depuis quelques temps déjà savent que je me sens pleinement mère ;-). Aussi, je me demande comment les gens font pour deviner bien à l'avance si telle ou telle personne fera un bon père ou une bonne mère. Même moi, je me prends au jeu en jugeant les gens inconsciemment.
Hier, j'avais rendez-vous avec une amie dont j'étais sûre et certaine depuis des siècles qu'elle ferait une bonne mère. Protectrice, prévenante, aimante, consciencieuse, les pieds sur terre et travailleuse, elle a toujours été un modèle de perfection pour moi qui étais toujours en retard, volage, fantaisiste, un brin faignasse et trop rêveuse. Quand je l'ai vue arriver avec son bambin couché sur le ventre, je n'ai pu m'empêcher de sourire. Elle était exactement la mère que je l'imaginais être des années auparavant: aimante, dévouée, radieuse, ne se plaignant pas de ses courtes nuits tant cet enfant était un cadeau de la vie... Une mère parfaite, quoi ! :-) C'était un vrai ravissement à mes yeux car j'en ai un peu marre de la mode des "mères indignes et fières de l'être".
Aujourd'hui, je me trouve dans une toute autre catégorie que celle dans laquelle on m'avait cataloguée il y a 4 ans. De "fille pas faîte pour être mère", je suis passée à la "maman chiante" parce que je ne me plains pas de ne plus avoir le temps d'aller à mon cours de Chichitsu ou de ne plus avoir les moyens de courir les boutiques m'acheter des trucs dont je n'ai pas vraiment besoin (mais j'avoue que j'aime toujours autant l'idée ;-)). Non. Je suis heureuse d'être avec mes enfants et d'avoir du temps pour eux même si je n'en ai plus beaucoup pour moi. Je sais que bien assez tôt ils m'enverront promener en me demandant de leur ficher la paix. Pour l'instant, j'en profite et ils en profitent. Pour la suite, j'ai suffisamment de projets...
mais je m'égare.:-)
Loin des "mères indignes" et des "mères gaga", la vraie question que je me posais en écrivant les premières lignes de cette note concernait plutôt l'instinct maternel.
Pensez-vous que le fameux instinct maternel dont on parle tant existe vraiment ?
Publié mardi 6 mai, juste avant de m'attaquer courageusement au ménage de mon appartement...
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"L'instinct maternel est divinement animal. La mère n'est plus femme, elle est femelle."
Victor Hugo
«Au lieu d'instinct, ne vaudrait-il pas mieux parler d'une fabuleuse pression sociale pour que la femme ne puisse s'accomplir que dans la maternité ?»
Elisabeth Badinter